Le romancier Pierre Samson a débuté sur la scène littéraire québécoise dans la deuxième moitié des années 1990, grâce à la trilogie dite “brésilienne” (Le Messie de Bélem, 1996; Un garçon de compagnie, 1997; Il était une fois une ville, 1999) qui s’inscrit dans le domaine de l’écriture “transmigrante”, catégorie censée abattre, d’après Gilles Dupuis, la frontière séparant la littérature migrante d’avec la littérature nationale. Cet article se penche sur le sixième roman de Samson, La Maison des pluies, paru en 2013, dans la perspective de souligner la manière dont il met en œuvre une pratique transmigrante. L’analyse de l’ouvrage, menée sur le plan des transferts thématiques et formels, convoque une réflexion identitaire qui s’appuie sur le concept d’amérilatinité forgé par Frédéric Lesemann. Le roman entraîne à repenser l’identité québécoise en termes transculturels et selon une dimension continentale à travers la représentation d’un espace québécois pluriculturel et plurilingue, la création d’un personnage salvadorien immigré au Québec, des références socio-historiques à l’Amérique Latine ainsi qu’à travers l’alternance codique que réalisent les dialogues et la voix du narrateur.