Il existe une liaison ancienne et intime entre le cinéma scientifique et l'avant-garde. Dans les années vingt, le premier a en effet contribué à la construction de la deuxième, d'un côté par son inclusion systématique au sein de la programmation de salles spécialisées et de ciné-clubs, et de l'autre en catalysant la réflexion théorique sur la spécificité du medium, en raison des techniques spécifiques qu'il développe, notamment le ralenti, l’accéléré, la microcinématographie, la radiocinématographie et les prises de vue sous- -marines. Dans cet article nous étudierons ce processus de déplacement, re-sématisation, voire re-location du film scientifique, en ouvrant les portes des trois grandes archives européennes et en nous concentrant sur six films qu'ils préservent.