La biographie et l’œuvre de Jeanne-Marguerite de Montmorency (1645-1700 ?), connue sous le nom de «la Solitaire des Pyrénées», font l’objet d’un débat persistant quant à leur authenticité. Anachorète et pénitente d’origines nobles, elle est surtout connue pour sa correspondance spirituelle avec Luc de Bray, curé de la Trinité à Châteaufort. Toutefois, plusieurs critiques considèrent ces lettres comme unefabrication destinée à nourrir la propagande anti-quiétiste. Adoptant une approche neutre, cet article s’attache à examiner la richesse éditoriale et interprétative de la correspondance, révélatrice de la fascination et des controverses que suscite cette figure depuis plus de trois siècles. Après un aperçu biographique mettant en lumière les incertitudes entourant son identité, l’étude se concentre sur l’histoire éditoriale et la réception de son œuvre, ainsi que sur son inscription dans le débat théologique sur le quiétisme au XVIIe siècle. Enfin, une étude des extraits marquants de la correspondance permettra d’identifier les moments clés de ce parcours spirituel exemplaire, qui, malgré les doutes concernant l’authenticité de l’œuvre, a suscité l’intérêt d’un large public à travers les époques.