On sait que Robortello avait une connaissance élargie des textes grecs et latins et qu’il les lisait « dans le texte », pour avoir maîtrisé très tôt, et parfaitement, les deux langues au point qu’il a pu participer, même modestement, à la Querelle du Cicéronianisme dès l’âge de 21 ans, alors qu’il s’engageait aux côtés de son maître Romolo Amaseo et de ses condisciples bolognais pour riposter à Sebastiano Corradi. Matteo Venier (p. 33-44) évoque cette riposte et le rôle qu’y a joué Robortello, mais insiste surtout sur l’originalité de cet étudiant bolognais qui, à l’occasion de cette querelle, révèle son aptitude à la pratique poétique, qui plus est en grec alors que ses pairs composent en latin : à cette occasion, il confirme « son intérêt pour la langue grecque » qu’il enrichit de néologismes en lien direct avec le nom de Corradi (identifié à une punaise [κὀρις], à un insolent [ἄχρι κόρου]), il confirme « sa connaissance des textes anciens et des anciennes scholies ». C’est aussi l’occasion pour lui de montrer son attachement au milieu universitaire de Bologne où il « fait valoir son autorité de savant ».